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Partons pour une balade mélodique, à la recherche de l’espoir.

I will overcome, cette mélodie orchestrale guide mes mots et laisse présager le message d’espoir porté par le nouvel album de la talentueuse Raye. Sortie le 27 mars dernier, l’album nous emporte dans de multiples symphonies à la croisée entre roman et cinéma. Véritable ode à la résilience et à l’amour personnel, l’artiste nous plonge dans 1h13 d’un voyage introspectif puissant.

Dès les premières notes, le décor est planté et l’héroïne présentée : une jeune femme marchant sous la pluie dans la nuit parisienne. S’ensuit alors une balade au travers de 4 actes menés par Raye qui nous pousse à s’immerger pleinement et brutalement dans le feu de ses émotions. Sur le chemin, l’artiste nous imprègne de touches de jazz, soul, gospel et électro (rien que ça !) et nous propulse sur un plateau hollywoodien au travers des ans. Avec Intro : Girl Under The Grey Cloud on s’attend à voir surgir Gene Kelly à chaque instant. Le temps de Beware… The South London Lover Boy nous frissonnons d’eiroi comme devant un visionnage de Jack the Ripper. Nous débarquons ensuite dans l’univers jazz à l’écoute des morceaux Nightingale Lane et I Hate The Way I Look Today, qui dépeint la dysmorphophobie. Le temps d’un morceau, la jeune chanteuse britannique s’oire un duo avec la légende de la soul Al Green avec Goodbye Henry. Véritable bouiée d’air frais dans un univers musical saturé par la pop et l’ultra-commercial, l’artiste n’en oublie pas d’y ajouter des touches plus modernes avec des morceaux tels que Life Boat ou Joy réalisé en famille avec ses sœurs Amma & Absolutely.

Au travers de 4 saisons musicales, nous vivons et ressentons chaque émotion comme un rappel de notre propre existence. L’automne assez détaché introduit l’histoire pour laisser place à un hiver où la douleur est intense, parfois vorace parfaitement ressenti avec I Know You’re Hurting. La jeune femme brisée se retrouve livrée à elle-même et à ses peurs, espérant des lendemains plus chauds mais toujours guidée par cette voix réconfortante et assurée. Dans Click Clack Symphony, elle laisse entrevoir une résilience que seule l’héroïne peut trouver. Le tout orchestré par le majestueux Hans Zimmer. S’annonce alors le printemps et son long chemin vers la reconstruction où l’espoir prend de plus en plus de place. Puis survint enfin l’été, libérateur et imprégné de joie. Ponctué d’autodérision tout du long, la Fin symbolise un épilogue cathartique où la chanteuse et nous revivons.

Ce deuxième album se veut plus mature et fidèle à l’identité de Raye. Signée dès ses 14 ans par le label Polydor Records, elle ne parviendra pourtant pas à sortir l’album tant attendu. Connue pour ses vocalises sur des sons DJs, l’artiste n’a pourtant eu de cesse de se plier à une industrie qui a toujours souhaité la limiter à une case qui ne lui correspondait pas. Après une longue bataille, elle a enfin pu embrasser l’indépendance et sortir des projets fidèles à son identité musicale. Après My 21st Century Blues sorti en 2023, la chanteuse et autrice-compositrice se livre ici à nue et nous montre sa mutation libératrice. La balade symphonique et introspective présentée à travers cet album nous guide finalement vers une lumière émancipatrice, celle des retrouvailles avec soi-même.

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